Traitements et recherche

Dans les coulisses de la salle d’opération

La précision et la sécurité en salle d’opération commencent lorsque les anesthésistes et le personnel infirmier s’assurent que tous les appareils sont stériles et fonctionnels.

Des heures de préparation minutieuse permettent d’offrir les normes de sécurité les plus élevées pour les patients

Il est 7 h, et la salle d’opération (SO) 4 du Shriners Children’s Chicago est silencieuse. La Dre Tara Mojtahed, anesthésiste pédiatrique, travaille seule, préparant des médicaments dans de petites seringues et l’équipement de respiration avant la première intervention de la journée.

La plupart des familles ne voient jamais la salle d’opération. Pourtant, derrière ces portes, jusqu’à neuf membres du personnel passent des heures à effectuer des vérifications de sécurité, à préparer l’équipement et à coordonner méticuleusement chaque détail avant même que l’opération d’un jeune patient commence.

Après une réunion de sécurité chirurgicale matinale quotidienne, l’infirmier autorisé en pédiatrie Ben Nguyen pousse un grand chariot dans la SO 4. Il est chargé de plateaux pour instruments scellés, d’équipement stérile et de fournitures. « Ce chariot contient 95 % de ce dont ils auront besoin. L’équipe ira chercher le reste au fil de l’intervention », explique Mike Poelsterl, IA, coordonnateur chirurgical.

Jayden est arrivé pour la première fois au Shriners Children’s pour une blessure au football au secondaire. Lors de sa deuxième opération, sa mère, Jacky, s’est dite étonnée de découvrir tout ce que font nos équipes en salle d’opération et les soins qui y sont prodigués. « Savoir tout ça m’a rassurée. »

L’intervention du jour est une arthroscopie de l’épaule avec réparation du cartilage pour Jayden, un joueur de football de Chicago. Il est devenu patient de Shriners Children’s pour une chirurgie orthopédique il y a plusieurs années, après s’être cassé la jambe lors d’un camp d’entraînement sportif.

M. Nguyen et l’infirmière chirurgicale Kelly Le, IA, travaillent ensemble depuis environ trois ans. « Je m’occupe des instruments et des fournitures stériles, et je les remets au chirurgien », précise M. Nguyen. En tant qu’infirmière pivot, Mme Le se concentre plutôt sur l’équipement, la tenue des dossiers et le confort du patient.

Après avoir enfilé un masque, une jaquette et des gants, M. Nguyen étend des champs bleus sur les tables métalliques pour créer le champ stérile. Pendant 15 minutes, il déballe les fournitures. Pendant ce temps, l’infirmière Le vérifie tous les appareils et les moniteurs de sécurité de la salle. Elle met en marche une caméra microscopique qui sera utilisée pour voir l’intérieur de l’épaule de Jayden. Plus tard, elle activera un appareil permettant de cautériser rapidement les vaisseaux sanguins.

Juste avant 7 h 30, Mme Le part rejoindre Jayden en préopératoire tandis que M. Nguyen arrange soigneusement les instruments dans un ordre précis.

L’infirmier compte méticuleusement le nombre de lames et de sutures. Le décompte sera refait avant la fermeture de l’incision, puis une autre fois après l’intervention, pour s’assurer que rien ne manque.

À 8 h, Jayden est conduit en salle d’opération. Un lecteur émet un signal sonore pendant que l’anesthésiste confirme son identité à l’aide de son bracelet. La salle devient silencieuse pour une pause de sécurité anesthésique, une dernière vérification verbale avant le début de la sédation.

« Le côté droit est bien le bon côté », indique la Dre Mojtahed. L’infirmière Le confirme l’information au dossier, et la préparation se poursuit.

La Dre Kelsey Davidson, chirurgienne orthopédiste en pédiatrie, arrive en tenue chirurgicale bleue et coiffée d’une casquette rouge vif. À un poste informatique voisin, elle consulte le dossier de Jayden, ses radiographies et ses images avant de rejoindre M. Nguyen pour examiner les instruments stériles disposés sur les tables.

« Avons-nous les champs fendus? » demande-t-elle.

À 8 h 30, l’équipe chirurgicale procède aux derniers préparatifs, déplaçant lumières et moniteurs. L’équipe passe près d’une demi-heure à nettoyer et à préparer l’épaule et le bras du patient avant le début de l’opération. Mme Le vérifie la position des jambes de Jayden pour s’assurer qu’il est bien positionné, qu’il est confortable et que rien n’exerce de pression sur sa peau.

La salle redevient silencieuse pour une dernière pause de sécurité. La Dre Davidson a passé une heure à s’assurer que tous les outils sont à portée de main et que Jayden est propre et bien installé sur la table d’opération en toute sécurité.

« Ce niveau d’attention supplémentaire de la part de la chirurgienne est propre à Shriners Children’s », explique M. Poelsterl. Après les dernières vérifications de sécurité, l’intervention de Jayden peut commencer.

Quelques heures plus tard, la Dre Mojtahed dit : « Tout est terminé, Jayden », alors que l’adolescent commence à se réveiller et est conduit vers la salle de réveil, l’épaule enveloppée dans un grand bandage blanc et une écharpe noire.

Près de cinq heures après le début des préparatifs, les deux infirmiers sont de retour dans une salle d’opération silencieuse, chargeant les outils et les plateaux usagés sur des chariots pour qu’ils soient envoyés à la stérilisation.

« Tout s’est bien déroulé du début à la fin », expose calmement M. Nguyen.

« Nous effectuons toutes ces vérifications de sécurité afin de nous assurer que chaque patient reçoit les meilleurs soins possibles. »
– ANGELA CAREY, IA, directrice des services chirurgicaux

C’est la fin d’une longue matinée de travail méticuleux et coordonné, le genre d’effort discret que les patients et les familles voient rarement, mais que l’équipe de la salle d’opération considère comme essentiel pour offrir des soins chirurgicaux sûrs et exceptionnels.

« C’est une journée typique en salle d’opération », affirme Angela Carey, IA, M.Sc.Inf., MBA, CNOR, directrice des services chirurgicaux. « Nous effectuons toutes ces vérifications de sécurité pour chaque cas afin de nous assurer que chaque patient reçoit les meilleurs soins possibles. »

Ce qu’il faut savoir sur l’anesthésie

Pour bien des familles, le moment le plus difficile de la chirurgie survient lorsque leur enfant disparaît derrière les portes de la salle d’opération. Ce que plusieurs parents ignorent peut-être, c’est que l’équipe d’anesthésie se prépare pour ce moment bien avant le début de l’intervention.

Selon la Dre Jannet Ortiz, anesthésiste pédiatrique au Shriners Children’s Mexico, les soins débutent par une évaluation préanesthésique. Lors de cette visite, les médecins évaluent l’état de santé général de l’enfant et cernent tout élément qui pourrait avoir une incidence sur l’intervention.

« Notre objectif est de comprendre le patient dans sa globalité et de nous assurer qu’il est prêt pour la chirurgie, tout en répondant aux questions des parents », affirme-t-elle.

Le jour de la chirurgie, les patients sont préparés dans leur chambre et accompagnés de leurs parents jusqu’à l’entrée de la salle d’opération, où ils peuvent recevoir un médicament pour les aider à se détendre.

Une fois à l’intérieur, l’anesthésiste confirme que tout l’équipement et les médicaments conviennent à l’âge et à l’état de l’enfant. L’anesthésie est ensuite administrée, le plus souvent par inhalation.

La Dre Fabiola Torres, également anesthésiste pédiatrique au Shriners Children’s Mexico, explique que pendant la chirurgie, l’équipe d’anesthésie surveille continuellement l’état de l’enfant pendant que le chirurgien se concentre sur l’intervention elle-même.

« Nous sommes là pour protéger la vie du patient tout au long de l’intervention », souligne la Dre Torres.

Le saviez-vous?

  • La préparation commence bien à l’avance. Les anesthésistes examinent les antécédents médicaux, les interventions antérieures, les allergies, l’alimentation et les risques potentiels, en plus de passer en revue les facteurs pertinents avec d’autres spécialistes.
  • Il est important de réduire l’anxiété. Les enfants peuvent recevoir un médicament pour les aider à se sentir calmes. Plusieurs entrent en salle d’opération détendus ou déjà endormis.
  • La surveillance est constante. Tout au long de la chirurgie, les anesthésistes surveillent la fréquence cardiaque, la respiration, la tension artérielle, le taux d’oxygène et la douleur.
  • Les soins se poursuivent après l’opération. Le rétablissement comprend une surveillance étroite de la douleur, des nausées et d’autres préoccupations avant que les enfants retrouvent leur famille.